C

Comment je navigue la confiance en moi en tant qu’autrice ?

Comment je navigue la confiance en moi en tant qu’autrice ?

J’ai récemment écrit un article plutôt théorique sur la confiance en soi en tant qu’écrivain. La théorie, c’est bien mignon, mais qu’est-ce que ça donne à l’épreuve de la réalité ? Qu’est-ce que ça donne pour moi, en tout cas ?

Avant

J’aimerais commencer par te décrire une scène dont je me souviens avec vivacité.

Nous sommes en 1995, au cœur d’une salle de classe de primaire. J’ai 8 ans à l’époque et je suis devant tous mes camarades, sur l’estrade au bois craquant. Te souviens-tu de ces estrades où l’on rangeait sagement nos cartables en début de cours ?

Je tiens dans ma main des feuilles d’écolier sur lesquelles j’ai écrit une histoire. Un épisode plus précisément, car, dans mes souvenirs, c’était bel et bien une série d’histoires que j’écrivais. Elles avaient toutes pour personnage principal un singe prénommé Waïkiki !

Me voilà donc devant la classe entière à lire avec joie une de mes histoires. Ma professeur m’y avait incité, nourrissant ainsi mon potentiel. Je ne me souviens d’aucune peur pendant cette lecture. Juste la joie simple de partager ma création.

Cette scène, c’est pour moi un rappel de notre état premier : une pure joie de créer et de partager. Le jugement n’avait pas sa place à l’époque. Peut-être qu’il était déjà présent dans l’assistance, mais le jugement envers moi-même, je ne l’avais pas encore invité dans mon processus créatif.

Débutante

Pour te rassurer et que tu te sentes moins seule, permets moi d’aborder les moments d’insécurité quant à mon écriture, que j’ai pu avoir, avant de parler de comment je me sens aujourd’hui par rapport à ça.

J’ai pris la décision ferme en 2018 de devenir scénariste, d’en faire mon métier à temps plein. Cette décision s’est tout de même fait après des années en tant monteuse vidéo et vidéaste + une école de cinéma (orienté technicien vidéo) au début de ma carrière et bien sûr, des années d’écriture de courts-métrages, articles et autres textes.

1 an plus tard, je me souviens avoir exprimé à un collègue de boulot combien c’était difficile de se sentir redevenir débutante. La vidéo, après 11 ans, je maîtrisais. Le scénario au-delà du court-métrage, c’était encore nouveau. Pour être honnête, je pense encore que la période du tout début est celle que l’on ressent comme la plus difficile. Pour plusieurs raisons.

On a un champ immense de possibilités devant nous et l’on ne sait pas vraiment où se diriger. Alors on essaie en vrac, à droite, à gauche, on se trompe, on fait demi-tour et on finit par trouver les bons chemins pour nous. On doit faire preuve de beaucoup d’humilité, parfois accepter un statut social différent de ce à quoi on était habitué. On a tendance à se focaliser sur le chemin qu’il nous reste à accomplir avant d’avoir le niveau de ces œuvres qu’on apprécie tant. On a beaucoup de doutes et beaucoup de résistances.

Alors pendant tout ce temps, comment cultiver une certaine confiance en soi ?

  • La première chose à laquelle je pense, c’est de ne pas perdre de vue l’appel du cœur. Si tu as un désir profond d’en faire ton métier alors tu peux avoir confiance dans ce désir et le laisser te porter. S’il ne s’agit pas encore pour toi d’en faire ton métier alors côtoie ton désir profond de créer tout court et laisse-le te porter. En somme, laisse-toi porter par plus grand que toi. Tu n’es pas seule.
  • La deuxième chose qui me vient, c’est de collecter les encouragements des personnes clé qui nous ont côtoyés et ont vus en nous nos qualités, la beauté de notre art et ses potentialités. Pour moi, il y a cette professeur de CE2 qui m’a encouragé à lire mon histoire devant la classe. Il y aussi cette intervenante du GREC au cours d’une résidence en Guyane qui a écrit dans son rapport « Oraline est la personne de mon groupe qui m’a semblé travailler avec le plus de sérénité et avancer régulièrement par paliers cohérents vers un scénario quasi abouti. ». Ou encore cette scénariste d’une série pour Netflix qui m’a écrit un jour « I just wanted to tell you again you have a very unique, good, intelligent, moving show. Keep working on it. ».
  • La troisième chose qui me vient, c’est se rappeler l’évidence : on met 10 ans à maîtriser n’importe quel domaine. Alors, il suffit de pratiquer, pratiquer et pratiquer encore. C’est aussi simple que ça. Aller, disons qu’il faut tout de même accepter d’avoir une pratique publique. C’est-à-dire montrer son travail, à ses pairs, à des professionnels…

Maintenant, je vais parler d’une quatrième chose qui est possiblement la plus importante et la plus subtile. Je vais l’accompagner d’où j’en suis actuellement.

Est-ce que j’ai confiance en moi en tant qu’auteure qu’aujourd’hui ?

Oui. Mais ce n’est pas un oui qui signifie que tout doute a disparu et où l’humilité s’est fait la malle. J’ai confiance grâce aux compétences que j’ai pu acquérir depuis au moins 4 ans. J’ai confiance, car je me laisse porter par mon désir, il connaît le chemin. J’ai confiance, car je me nourris de la joie et de l’amour que je ressens lorsque j’écris. J’ai confiance que je peux processer les émotions inconfortables que je peux ressentir lorsque que l’on me fait des retours constructifs ou non (merci la pleine conscience !).

Et j’ai confiance parce que je traite dans ma vie des problèmes périphériques… mais pas tant que ça périphériques ! Si tu prends les choses à la racine le manque de confiance en tant qu’auteure, c’est en fait le manque de confiance en soi tout court. D’où te vient-il ce manque de confiance en toi ? C’est là qu’est le travail le + profond et le plus durable. Ose regarder par là… et tout peut changer pour toi. Je te le souhaite. De tout cœur. Parce ce que c’est un cadeau au monde, autant qu’à toi.

Ah ! Et dernière chose, souviens-toi qu’eux non plus ne savent pas ce qu’ils font ! On est tous des êtres humains qui doutent, on a des convictions, qui d’ailleurs peuvent changer, mais on n’a pas ou peu de certitudes.

CategoriesÉtat d'esprit

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *