Écrire n’est pas que joie, c’est bien plus que ça !

T’es-tu déjà tenu un discours du type : « Je ne comprends pas pourquoi écrire est difficile. Si je suis faite pour ça, ça devrait être facile et joyeux. Et si je n’étais pas faite pour ça, après tout ? ».

Ce sont des pensées que j’ai moi-même eu par le passé. Et qui sont réapparues subrepticement récemment.

Mais écrire requiert tellement.

D’abord, écrire te demande de prioriser quelque chose dont tu ne sais pas si tu tireras un quelconque bénéfice, qu’il soit financier ou autre. Qui fait ça ? Très peu de gens. Cela demande force et foi.

Dans la même idée, cela demande de savoir reporter la gratification. Chose, ô combien difficile en tant qu’humain de 2021. Car, ce que tu écris pendant une séance d’écriture n’est qu’un petit bout du puzzle.

Écrire demande de muscler ta capacité à commencer. Car, souvent au début d’une séance, tu t’assoies sur ta chaise et tu ressens de la résistance à commencer. Il faut savoir passer outre et écrire jusqu’à ce que le flow t’emporte, cet espace où tout devient plus facile.

Écrire demande de savoir faire des choix, sans arrêt. Ce qui épuisant parfois. Choisir quelle idée développer, quel seront les traits de tel ou tel personnage, comment il parviendra à évoluer… Les possibilités sont infinis, il faut choisir et être spécifique.

Écrire, c’est aussi faire la différence entre discipline et rigidité. Avoir la discipline d’écrire de façon régulière, sans pour autant être dans le forcing et se couper de toute émulation divine. Note importante pour faire la différence : la rigidité, c’est quand on en oublie l’objectif premier au profit de la règle.

Écrire demande d’apprendre le non-jugement et l’acceptation. Parce qu’on en écrit de la m**** avant d’écrire quelque chose de satisfaisant. Et il faut savoir accepter que ce qu’on écrit n’est pas comme on le souhaiterai et s’aimer quand même. Accepter également que sur le papier, ce ne sera jamais exactement on l’avait imaginé. Qu’une fois à l’image, ce ne sera pas non plus exactement comme sur le papier.

Et enfin, et pas des moindres, écrire demande de ressentir pleinement ses émotions. On dit qu’écrire est un exutoire. Mais pour cela, il faut d’abord accepter de vivre des choses compliquées, de ressentir de la douleur, de la colère, de la frustration, une multitudes d’émotions plaisantes et déplaisantes. Ce n’est que comme ça que l’on parviendra à toucher en profondeur les spectateurs, en vivant notre humanité et en l’exprimant au travers de notre histoire. En résulte une double vulnérabilité : quand on vit ces émotions puis quand on les donne à voir au monde entier.

Alors non, écrire n’est pas joie, c’est bien plus que ça.

Et malgré tout ça, malgré ce prix à payer, ça vaut le coup. Car nous cherchons tous cette transcendance, plus nourrissante que n’importe quel achat.

Au final, il ne s’agit pas de ressentir de la joie en permanence mais de simplement se laisser guider par elle.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *